Je me promenais dans le parc de l’école avec quelques amis. Le soleil, haut dans le ciel, brillait de tous ses feux et nous chauffait les épaules d’une chaleur ardente. Nous bavardions bruyamment du dernier cours de soins aux créatures magiques qui nous avait émerveillé. En effet, il n’est pas donné à tout le monde d’approcher une licorne. Aussi étions nous insatiables sur cette merveilleuse expérience, lorsque tout à coup l’un de mes camarades eut une idée fulminante. -Et si nous allions dans la forêt interdite pour essayer de trouver les licornes ? lança-t-il d’une voix enjouée. -Je ne suis pas sure que ce soit une très bonne idée… Il n’y a pas que des licornes dans la forêt, lui répondis je, un peu effrayée. -Oh ! Allez ! Ne joue pas les rabat joie ! On ne s’éloignera pas trop comme ça on sera rentré avant même qu’on ne remarque notre absence, répliqua une de mes amies d’un ton catégorique. Tous semblaient d’accord pour partir à la recherche des licornes malgré les dangers qu’une telle expédition présentait. Etant en minorité, je m’inclinai et suivis me camarades d’un pas pesant. Cependant, arrivés à la lisières je leur signalai qu’il était encore temps de renoncer et de faire demi-tour. Leurs regards me suffirent pour comprendre que j’étais la seule à être effrayée par cette excursion. Très vite, je choisis de me placer au milieu de mes compagnons. Je me sentais plus rassurée d’être entourée. Nous avancions lentement, au fur et à mesure que nous progressions au cœur de la forêt, la lumière déclinait. Nous comprîmes que les grands arbres à l’épais feuillage nous cachaient la lumière vive du soleil. Pas très à l’aise, nous décidâmes d’allumer nos baguettes pour mieux nous repérer. Nous arrivions à une clairière lorsque, tout à coup, l’un d’entre nous se mit à hurler à pleins poumons. -Que t’arrive t il ? T’es malade de hurler comme ça ? lui jeta le chef de notre petit groupe. -Je… j’ai… vu un… monstre… de ce côté-là ! bégaya t il en montrant la droite d’un grand chêne. Nous avons tous fait un bond en arrière et avons porté nos regards dans la direction qu’il indiquait d’une main tremblante. Ne voyant rien du tout, nous nous sommes retournés vers lui pour voir s’il ne nous faisait pas une mauvaise blague. Mais notre camarade semblait tétanisé de peur, tremblant de tous ses membres, la doigt toujours pointé vers l’invisible menace… -A quoi ressemble t il ton monstre ? demandai je d’une voix aiguë. -A un cheval… ailé… squelettique… C’est horrible ! couina t il apeuré. Alors Laura explosa de rire. Elle était presque pliée en deux tellement elle riait. Nous étions hébétés, ne comprenant pas vraiment cette explosion soudaine de joie. Lorsqu’elle se fut enfin calmée, elle nous expliqua qu’il s’agissait de sombrals. Ces chevaux ailés, qui n’apparaissaient qu’à ceux qui avaient vu la mort, n’étaient généralement pas dangereux. Elle nous encouragea donc à poursuivre notre chemin sans nous inquiéter. Cependant cette histoire avait jeté un froid dans notre groupe et nous avons repris la route avec moins d’enthousiasme. Nous avancions serrés les uns contre les autres lorsque tout à coup nous aperçûmes une lueur argentée au loin. Celui qui menait le groupe était sûr qu’il s’agissait là d’une licorne et commença à presser l’allure pour l’approcher. Malheureusement, il n’avait pas fait deux pas qu’une étrange créature se posta devant lui, l’air féroce. Tétanisés, nous restions immobiles, espérant que la créature passe son chemin sans nous attaquer. Luna nous glissa à voix basse qu’il s’agissait d’un sphinx… Mais que faisait un sphinx en pleine forêt interdite ? D’accord nous savions que la forêt regorgeait de créatures toutes plus étranges et dangereuses les une que les autres, mais nous ne nous attendions certainement pas à voir un sphinx dans les parages. Notre camarade, avide d’approcher les licornes qui se trouvaient à quelques mètres de nous, avança d’un pas. Mais le sphinx lui barra la route. -Si tu veux passer… Il te faudra répondre à mon énigme… lança le sphinx d’une voix éthérée. Si tu me donnes la bonne réponse tu pourras approcher des licornes, mais si tu te trompes je te tuerai… A moins que tu ne décides de repartir sans rien dire… Auquel cas, tu seras libre de retourner chez toi sans dommage. Nous étions intrigués très intrigués par cette apparition et sur le coup nous ne comprîmes pas vraiment ce qu’elle nous dit… Cependant, Luna qui avait entendu parler des sphinx par une de ses grands-tantes, nous rappela que nous pouvions toujours écouter l’énigme sans y répondre si celle-ci était trop complexe. Alors le sphinx énonça son énigme : Je suis dans l’étang et au fond du jardin, Je commence la nuit et finis le matin J’apparais deux fois dans l’année. Qui suis-je ? J’étais tellement tremblante que ma tête n’arrivait pas à comprendre les paroles du sphinx. J’avais peur qu’un de mes camarades ne disent quelque chose et que ce soit une erreur qui nous mène droit à notre perte. Heureusement, je n’étais pas la seule à ne pas réussir à réfléchir à l’énigme… Luna avait un peu peur de la réaction du sphinx si nous donnions une mauvaise réponse et préférait donc se taire, de même que Laura. Incapables de dire quoique ce soit de plausible et intelligent, nous préférâmes commencer à reculer lentement… Cependant, notre ami, qui avait été si désireux de voir les licornes, ne voulait pas renoncer si près du but. Il tenta lui-même de poser une question au sphinx. -Pourquoi nous poses tu cette question ? Pourquoi ne pas nous laisser passer pour voir les licornes, nous ne voulons rien faire de mal ! -Peut-être… Mais sachez que je suis ici pour protéger ces licornes de toute menace et que seuls ceux qui sauront répondre à cette énigme pourront passer… Notre ami, désabusé par cette odieuse protection qu’il n’attendait pas, se vit contraint de reculer et de nous rejoindre pour retourner à l’école. Sur le chemin nous discutâmes longuement de cette étrange apparition. Jamais nous n’aurions cru que les professeurs auraient utilisé un sphinx pour protéger les licornes de la forêt interdite. Cependant, en y réfléchissant bien c’était une idée de génie puisque le sphinx pouvait aussi protéger ces douces créatures des animaux plus sauvages qui vivaient dans la forêt. De retour dans le parc de l’école, une idée soudaine me vint… -La réponse à l’énigme n’était elle pas « La lettre N » ? -C’est ce à quoi je pensais aussi, répondirent en cœur Luna et Laura… Fulminant de rage, notre camarade repartit seul dans la forêt pour trouver à nouveau le sphinx et lui donner la réponse. Malheureusement, comme nous l’apprîmes plus tard lorsqu’il revint dans la grande salle pour le dîner, escorté par le professeur Dave Maulor qui lui avait donné une retenue pour s’être aventuré dans la forêt, le sphinx et les licornes avaient disparus… Cela restera tout de même une des rencontres les plus étonnantes que nous aurons faites au sein de l’école de Méga-Poudlard…